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Les SARCJM sont une nouvelle fondation  née le lundi de pentécôte 2018. Cet article vous mènera à l'origine et à la motivation de sa fondation.

 

Erection en Pieuse union : 21 Mai 2018

B.P. : 354 Cocotomey R. Bénin

 

Sœur Edwige HODONOU de l’Enfant Jésus

Diocèse d’origine

Archidiocèse de Cotonou

Titre

Responsable

Spiritualité de la pieuse union

 Les soeurs Adoratrices-reparatrices du Coeur de Jésus-miséricordieux ont pour spiritualité, l'adoration et la réparation. Elles veulent être des adoratrices de la présence du Seigneur Jésus-Christ dans le Très Saint Sacrement, dans le but de consoler. Malgré leurs limites humaines et leurs propres faiblesses ; les Sœurs cherchent aussi par l'offrande de leurs épreuves et les efforts quotidiens, à réparer les indifférences, les outrages, les sacrilèges, et les blasphèmes qui offensent gravement Notre Seigneur Jésus-Christ.  De cette manière, elles cherchent ardemment la sanctification des prêtres et des âmes consacrées, l'unité de l'Eglise et la conversion des hommes. En associant leurs difficultés, leurs efforts et leurs épreuves de chaque jour à la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, elles entendent Le consoler et consoler aussi le Cœur de la Vierge Marie.

Les sœurs Adoratrices réparatrices du Cœur de Jésus Miséricordieux (SARCJM) sont également des semies-contemplatives et ont pour charismes l'évangélisation, l'éducation, l'assistance aux personnes vulnérables et faibles comme les orphelins, les vieillards abandonnés, etc...

L’Origine de la pieuse union narrée par la Sœur Edwige elle même

LA CROIX DU BÉNIN : Présentez-vous à nos lecteurs.

SOEUR EDWIGE HODONOU: Je m'appelle Edwige HODONOU. J'etais de la congrégation des Filles de Padre Pio. Depuis l'an 2000, j'ai commencé l'expérience de la fondation de la congrégation des Sœurs Adoratrices Réparatrices du Cœur de Jésus Miséricordieux. J'ai commencé cette expérience dans le diocèse de Sokodè, au Nord du Togo. Mais, suite à quelques difficultés importantes, Mgr Nestor ASSOGBA, alors Archevêque de Cotonou, a récupéré le projet pour le compte de son Archidiocèse.

Pendant combien d'années avez-vous été Fille de Padre Pio ?

J'ai fait la prise d'habits et mes premiers vœux dans la congrégation des Filles de Padre Pio le 08 Décembre 1995 et j'ai quitté cette congrégation en l'an 2000. Nous étions les premières et en ce moment, l'institut était une pieuse union.

Pourquoi avez-vous quitté l'institut des filles de Padre Pio?

En réalité, je n'ai pas quitté l'institut des Filles de Padre Pio. J'avais fait plutôt une mise en disponibilité pour pouvoir faire face à la nouvelle expérience. J'avais 18 ans quand j'ai eu l'appel d'une nouvelle fondation. J'ai eu dans ma vie des expériences personnelles avec le Seigneur et c'est lui qui a demandé l'existence de cette nouvelle fondation. Le Révérend Père Gilbert Marie-Thérèse Dagnon qui est le fondateur des Filles de Padre Pio, était mon Père spirituel. C'est lui-même qui a noté les messages et qui a discerné que le Seigneur me demandait de créer cet institut. En son temps, il m'a dit de me calmer et que l'heure de Dieu était la meilleure.

À l'origine de mon appel, il y avait beaucoup de gens qui me proposaient de l'argent afin de me détourner de la voie du Seigneur. Le Père Dagnon, qui alors voulait envoyer une autre aspirante en Italie dans la congrégation des Filles du Sacré-Cœur, a insisté pour que je fasse une retraite dans la dite congrégation. J'ai alors passé six mois en Italie puis il a voulu que je revienne avec Mgr Paul Vieira. À mon retour, pour me protéger, il m'a envoyée dans la maison des sœurs OCPSP, puisqu'il était leur Père ecclésiastique. Il m'a donc confiée à Mère Damienne Yayi. C'est pour cela que je me suis retirée dans leur maison à Calavi afin d'être ainsi, d'une certaine manière, sous la surveillance de mon Père spirituel.

Le Père Dagnon m'a rassuré qu'il va fonder la branche des Adoratrices de Jésus avec moi. Mais il a ajouté que je dois devenir d’abord religieuse. Il connaissait depuis toujours cet appel que j'ai reçu du Seigneur. J'ai donc commencé ma formation à la vie religieuse dans la Pieuse union des Filles de Padre Pio. Quand j'ai fait les premiers vœux, il m'a demandé d'attendre de faire d'abord les vœux perpétuels afin que la tâche de la nouvelle expérience me soit allégée. Et puisque l'inspiration me hantait toujours, je lui dis que je vais entamer l'expérience. À cette époque, il n'était plus vicaire général. Il a demandé à Mgr Nestor ASSOGBA de me recommander à l'évêque de Sokodè qui était Mgr Ambroise Djoliba. Ce qui fut fait. C'est à Sokodè, après avoir quitté les Filles de Padre Pio, que j'ai vécu toute seule, pendant quatre ans, l'expérience que le Seigneur me confiait. Je dois souligner que le 16 Juillet 2004, j'ai pu faire mes vœux perpétuels dans les mains de Mgr Nestor ASSOGBA. Depuis lors, j'étais la seule consacrée dans la Pieuse union qui se constituait. Mais je n'ai jamais vécu seule. À Sokodè, j'avais huit aspirantes. De Sokodè à Cotonou, sept d'entre elles m'ont suivie. Curieusement, tout le noyau Sokodè s'est dispersé dans d'autres congrégations après leur baccalauréat, puisque Mgr Assogba n'a autorisé que moi seule dans la pieuse union. Revenue de Sokodè, il s'est ensuite constitué un deuxième noyau autour de moi à Cocotomey; des aspirantes qui vivaient avec moi et que je demandais auprès des personnes de bonne volonté. Mais dès qu'elles avaient leur Bepc ou leur baccalauréat, d'autres religieuses les récupéraient en prétextant que je n'avais pas encore l'autorisation de fonder une congrégation.

Quand Mgr Agboton a succédé à Mgr Assogba, il m'a dit qu'il ne voulait plus de congrégation nouvelle et que Cotonou était saturé. Il m'a donc demandé de rentrer dans les congrégations qui existent déjà. C'est alors que nous avons fonctionné comme un groupe de prière. Quand Mgr Ganyé lui a succédé, il m'a recommandé au Père Pamphile Fanou. Après un rapport produit par ce dernier, Mgr Ganyé a autorisé les aspirantes à porter la Croix; une cérémonie faite au cours d'une messe. C'est ainsi que la première fille a fait son entrée au postulat. Après cinq années de vie commune et de formation, elle vient de faire sa prise d'habit et de prononcer ses premiers vœux, en ce jour du 21 mai 2018, où nous faisons mémoire de Marie, Notre-Dame de l'Eglise, pour la toute première fois. Il y a quatre autres filles qui sont dans leur quatrième année de formation.

En 2016, Mgr Ganyé a pris l'engagement de me recommander au diocèse qui m'accepterait. Certains ont souhaité que je prenne des contacts au Niger. J'ai alors entrepris d'écrire à tous les évêques du Bénin. Nous étions en ce moment-là dans la semaine sainte. J'avais à ma charge 45 enfants orphelins. J'ai alors demandé au plus petit qui n'avait que 3 ans, de prendre l'un des papiers que j'ai déposé en intercession au pied de la Croix.  C'est alors que le petit enfant choisit le diocèse de N'Dali. Le lendemain, samedi saint, j'ai téléphoné à Mgr Martin ADJOU pour avoir un rendez-vous avec lui. Après m'avoir rencontré, il m'a dit qu'il revenait d'une grande épreuve et qui il n'était pas encore disposé à autoriser une congrégation dans son diocèse. Quand j'ai quitté N'DALI, la voix m'a dit de porter Mgr Martin en prière et de partager mes expériences avec lui. J'ai un journal dans lequel je consignais les événements de chaque jour. J'ai alors commencé par partager le contenu de ce journal avec lui. Après avoir discuté du sujet avec son conseil, Mgr Martin Adjou m'appelle le 04 août 2016 pour m'annoncer que son conseil a accepté la fondation de mon institut dans le diocèse de N'Dali. J'ai automatiquement annoncé la nouvelle à Mgr Nestor ASSOGBA, qui a béni le projet.

Qui est le responsable de cette pieuse union ?

C'est Mgr Martin ADJOU. Selon moi, il en est le co-fondateur. Mais il nous a dit qu'il n'a pas ce charisme. Il m'a dit qu'il m'aide seulement à réaliser la volonté de Dieu. Sans lui, cette œuvre d'église n'aurait pu jamais voir le jour. J'ai eu cette vocation à 18 ans.  L'idée de fonder une pieuse union m'est arrivée grâce à Mgr Isidore de Souza. C'est lui qui m'a demandé d'obéir à mon Père spirituel, le Père Gilbert Dagnon dans son discernement de ce que je vivais.  En réalité, pour dire le fond de mon cœur, moi je n'ai pas voulu être religieuse. J'ai voulu, quand j'étais toute petite, me marier avec l'enfant Jésus. Lorsque je me suis rendue compte que l'enfant Jésus était déjà mort, j'ai accepté le grand Jésus dans ma vie après ma première passion à l'âge de 18 ans. C'est à cet âge que j'ai eu l'inspiration ou plutôt l'appel de la fondation de l'institut. J'ai alors 29 ans de cheminement depuis lors. Malgré les découragements, cet appel ne m'a jamais quittée. Il a plutôt évolué. Il me hantait. Même ma famille, voyant mes difficultés, a essayé de me décourager, mais je tenais à ma vocation.

Quel est votre charisme ?

Nous sommes semi-contemplatives. Nous sommes dans la santé et l'éducation. Nous nous occupons aussi des orphelinats et des vieillards.

Quel est le noyau des formations ?

En 2016, quand nous sommes venues ici à N'DALI, les filles ont fait leur entrée au noviciat. Mgr Martin ADJOU et le vicaire général le Père Simplice BOCO ont trouvé des prêtres pour leur dispenser des cours. Actuellement, il y a le vicaire général qui s'implique beaucoup ; il y a aussi d'autres formateurs comme le père Aubin Aguessy, le Père Armel Fakeye, le Père Grégoire FADE, et le père Modeste ALLADAGNIWEKE. C'est surtout Mgr Martin ADJOU qui s'implique beaucoup dans le discernement des aspirantes avec moi.

Pensez-vous que le regard que l'on porte sur vous a effectivement changé ?

Je m'entends bien avec tout le monde ici. Nous formons une famille ici à N'DALI. Dès que Mgr ADJOU a annoncé l'institut à l'assemblée, tout le monde s'est mis au travail. Les congrégations, les prêtres et les religieuses se sont personnellement impliqués.

Avez-vous fondé aussi orphelinat ?

Un matin je voulais aller à la messe quand j'ai trouvé un bébé déposé devant mon portail à Atrokpokodji. Je l'ai amené à la gendarmerie et finalement, je l'ai déposé à la structure qui s'occupe des enfants mineurs. Mais l'année suivante, j'ai trouvé encore un autre enfant délaissé à mon portail. Cette fois-ci, la mère était présente avec le bébé. Je l'ai orientée vers les structures de l'état et celle de l'Eglise qui se chargent de gérer des cas pareils. Mais la troisième fois, je rendais visite à ma belle-sœur. Elle a souhaité me confier un enfant qui avait perdu son père et sa mère et qui était à sa charge. Je suis rentrée avec l'enfant et je me suis occupé de sa santé. C'est ainsi que j'ai hébergé le premier enfant orphelin ; c'était un libérien. J'ai ensuite créé l'orphelinat Saint Matthieu de Cocotomey, puis une Ong, afin de me faire reconnaître pour être en harmonie avec les lois de l'état.

Je vous remercie ma sœur et nous prierons pour que cette œuvre, qui se concrétise et se confirme en ce jour où l'Eglise entière fête pour la première fois la mémoire obligatoire de Notre Dame de l'Eglise, soit véritablement œuvre d'église pour la plus grande gloire de Dieu et le salut de nos frères et sœurs en humanité.

Propos recueillis par Crepin Magloire Acapovi

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  Lors des voeux temporaires de la Soeur MEKPATO, première professe de cette fondation