La paroisse de Ouenou est l’une des trois premières  paroisses du diocèse. En février dernier, elle a célébré ses noces de platine (70 ans). Les Pères diocésains de la paroisse en collaboration avec les Franciscaines Filles de Padre Pio et les frères de Jésus continuent la belle œuvre entamée par les vaillants missionaires qui ont pris par cette paroisse.

  1. Présentation générale

 

Erection : 08 Février 1948

B.P. : 23 N’Dali

Messes dominicales : 08H00

Messes en semaines :

  • Mardi et Mercredi : 19H00
  • Jeudi, Vendredi et Samedi : 07H00

 

Communautés de villages (09) : 1. Wèrèkè 2. Bouyerou 3. Travo 4. Tamarou 5. Banguéo 6. Warikpa 7. Warigoura 8. Bonouko 9. Banhoukpo

 

B. Equipe sacerdotale

 

            Père FADE Chabi Grégoire

Diocèse d’origine

Dassa

Titre

Administrateur paroissial

Père KIATTI TOUHOLO Flavien Alou

Diocèse d’origine

Natitingou

Titre

Vicaire

 

 C. Historique

Nous devons cette historique au Père Bonne Maison, l’un des curés de cette paroisse, à l’occasion des 70 ans de la paroisse.

WENU -KPAKERU

Fondée le 08.02.1948

J’étais à Rome étudiant à l’institut Biblique et logeais à notre maison généralice des « Missions Africaines » (sma) lorsque Monseigneur Nestor Assogba premier évêque béninois de Parakou est venu me supplier de rentrer au pays pour y desservir la paroisse de Wenu (je signale bien Wenu-Kpakeru car il y a un autre village nommé Wenu sur Nikki.) : « Je ne peux pas laisser une paroisse sans prêtre. Le Père Roger Barthélémy sma a dû rentrer se soigner et il ne reviendra pas. Venez vite mon père j’ai besoin de vous. » Je me suis exécuté, non sans regret car je menais une enquête biblique sur les puissances visibles et invisibles en lien avec ce que je connaissais déjà un peu de la culture baatonu. Mais la qualité de l’accueil à Wenu a cicatrisé ma peine. Je dois dire toute ma gratitude à la famille de mon frère ainé, Père Jacques Tané Bio, par l’âge mais aussi par le sacerdoce.

Oui Wenu avait déjà donné un prêtre diocésain à l’Eglise, Père Jacques, le premier de tout le nord du pays, ordonné à Rome en 1964. Son second Père Lucien Chambény le sera quelques mois plus tard à Natitingou des mains de Monseigneur Patient Redois sma fondateur et premier évêque du diocèse. Avec Jacques je dois mentionner immédiatement ses deux camarades Pierre et Jean. Ils sont les trois premiers chrétiens de Wenu : Pierre, Jacques et Jean tout comme à la Transfiguration du Seigneur. J’ose continuer le clin d’œil à la révélation de Jésus comme venant de Dieu aux disciples en affirmant qu’ils ont été ensemble par leur témoignage,la cheville ouvrière de l’évangélisation de leur village. C’est en novembre 2015 que j’accompagnais Jacques aux obsèques de son triplé le médecin Pierre Boni pour la messe de funérailles célébrée à la cathédrale de Parakou. Jean malade n’avait pas pu venir. Puis, en juin 2017, Père Léonard Goragii troisième prêtre bariba diocésain (après Père Pierre Bio Sannu du diocèse de Natitingou) présidait à Wenu, les funérailles de Monsieur Jean Sakka fonctionnaire international où il me revenait l’honneur de donner l’homélie, en particulier devant mesdames Sakka et Boni. Pierre et Jean sont deux grandes figures internationales du Bénin. Fatigué, Père Jacques n’avait pas pu entreprendre un aussi long déplacement puisqu’il est toujours en service au Gabon. Lui aussi comme ses deux amis a servi et sert encore hors frontières aux universités d’Abidjan avec Père Isidore de Souza comme recteur puis à Libreville.

Père Roger Barthélémy, sma

Curé fondateur 1948 à 1980

Tandis que ces trois jeunes gens étaient au collège à Parakou le Père Roger Barthélémy était lui aussi prêtre à la paroisse cathédrale, il avait été nommé pour Parakou préfecture apostolique de Niamey.Il s’y trouvait seul et unique prêtre tandis que le préfet apostolique Monseigneur François Faroud sma dirigeait son diocèse depuis Niamey, c’est-à-dire le Niger, une partie de la Haute-Volta et les deux provinces au nord du Dahomey le Borgou et l’Atakora. Une décisionhistorique en l’Eglise amène les Pères Rédemptoristes à Niamey pour desservir le Niger et cette partie de la Haute-Volta. Voilà qui permet à François Faroud de fonder la préfecture apostolique de Parakou où il vient résider. L’Eglise de Parakou devient cathédrale et les pères sma remplacés arrivent sur nos terres. Rapidement l’arrivée de nouveaux prêtres permettra à Mgr Faroud de créer de nouvelles paroisses en 1948. Ce seront pour nous successivement les trois paroisses de Wenu de Bémbérékè et de Nikki, avec respectivement les Pères Roger Barthélémy, Louis Viaud sma qui était à Niamey et Paul Baudu sma qui était à Zinder.

J’ai été au fait de tout cela et de bien des détails dès mon arrivée à Parakou au petit séminaire N.D. de Fatima où venant pour refaire ses provisions chacun des confrères nous saluait, se reposait et se faisait coiffer moment idéal pour eux de raconter. De plus lorsque je me trouvais en poste à Bembérékè allant aussi aux provisions à Parakou je visitais régulièrement le Père de Wenu ce qui ne m’allongeait que très peu et là à nouveau c’était l’occasion de partages forts intéressant y compris pour l’histoire du pays et de la mission.

Quand le Père est venu s’installer à Wenu il connaissait déjà le secteur car il le desservait depuis Parakou. Il répondait à la demande du chef coutumier du village. Aussi fut-il bien accueilli lorsque Mgr Faroud a pu répondre à cette attente en l’envoyant fonder la paroisse. Lors des deux autres fondations, Wenu sera délimité de Seraru à Ina (du sud au nord) et de Sakaru à l’Ouémé (de l’est à l’ouest). Plusieurs familles étaient très heureuses de l’accueillir et il doit beaucoup à la famille du Père Jacques ce qui sera à nouveau mon cas plus de trente années plus tard. Lorsque sur la fin de sa vie le papa de Père Jacques a demandé le baptême, vous imaginez le bonheur de son pasteur.

Selon les droits coutumiers la toute jeune mission s’est vue dotée d’un magnifique terrain face à la seule route qui venait de Parakou depuis le sud. C’est l’actuel lieu de la mission catholique où se trouvent l’Eglise paroissiale, le presbytère, la communauté des religieuses franciscaines filles de Padre Pio et leurs œuvres sociales. Il a été légèrement amputé tout le long de la route pour la construction de l’axe bitumé est-ouest qui va de N’Dali à Djougou. Père Barthélémy a immédiatement construit sa case, la case ronde qui est un véritable « monument historique » où il a pu accueillir pour un temps un vicaire (1951-1953) en la personne de Père Fernand Bioret sma que nous retrouverons plus tard en poste à Bémbérékè puis durant vingt cinq ans à Nikki. Ensuite c’est frère Jean Potiron sma qui logeant dans la case rectangulaire commencera son temps de mission à Wenu durant une année (1959-1960) avant de rejoindre Père Yves Lagoutte sma à Kandi.

En frère Jean, le Père a eu un excellent collaborateur pour tout ce qui concernait le travail du bois. Devant débrousser et abattre des arbres pour construire, rien n’était perdu et la création de la menuiserie (le bâtiment a été rasé) a même connu son apogée lorsque le Père a pu inviter des jeunes à apprendre le métier. Il était très rigoureux et très prudent. En effet courent plein de bruits, (la légende du Père Barthélémy) à son encontre car ses machines étaient toutes des dons venus de France par bateau, elles étaient usagées et sans protection. Aussi ne voulant pas que quiconque se blesse par imprudence, il enlevait toujours une pièce importante pour immobiliser les scies ou la dégauchisseuse pour la durée de son absence.

Il débroussait beaucoup pour cultiver. Aujourd’hui ces terres, offertes elles aussi par le village, doivent correspondre sans doute à la ferme tenue par les frères de Jésus. De nombreux jeunes originaires des villages de l’intérieur, sont venus apprendre à cultiver ‘autrement’. Ils étaient en internat (la maison a disparu) et devez suivre un règlement très strict. Quelques-uns sont retournés au village, certes c’était le but, mais nombreux sont ceux qui ont trouvé un débouché au service du développement agricole de leur pays. Ils sont devenus « encadreurs » ou moniteurs d’agriculture. Influence inespérée ! A la mission ils avaient appris à cultiver à l’aide de la traction animale. Mais il leur fallait commencer par ne pas craindre d’approcher les bovins : apprivoisement mutuel ! en effet dans la culture bàatonu personne n’est éleveur, ce sont les Fulani qui gardent les troupeaux et qui ainsi deviennent les « banquiers » des Bariba. La menuiserie (et la forge) venait aussi apporter son concours par la confection non seulement d’outils agricoles tractés (brabant, charrue, herse, semoir, sarcloir) mais déjà par la fabrication de jougs de tête adaptés à la petite taille des animaux. Dans ce domaine notre missionnaire était encore un génie (j’ai retrouvé, bien rangés et classés, toutes les formes ou patrons en isorel ou en contre-plaqué). Il exploitait à merveille l’ingéniosité qu’il avait mis en œuvre lorsqu’il était garçon de ferme dans sa Bretagne natale. Ses anciens internes parlent encore de cela à la maison.

La menuiserie, l’agriculture étaient les racines humaines de la présence du Père sur le plateau du Borgou. Levé à cinq heures il célébrait la Messe puis se rendait à la menuiserie ou aux champs et l’après-midi c’était la tournée des villages et la visite aux familles. Il avait toujours le fusil dans sa jeep pour abattre le gibier qui allait alimenter les repas de ses jeunes. Le territoire était grand et les grosses agglomérations nombreuses. Je ne signale que celles où j’ai pu constater par moi-même les fruits de ces visites : Bori, Mare-Guru, Temmè. Il y avait implanté des écoles primaires et il affectionnait particulièrement Temmè. Dans chaque village une famille au moins parle encore de lui et beaucoup sont devenus chrétiens, sur le tard, précédés par leurs enfants ou petits enfants à l’époque de son successeur Jean Durif sma. Le Père devait utiliser les services d’un interprète, même s’il comprenait les gens, il avait de la peine à s’exprimer en baatonum à l’inverse de son confrère Fernand Bioret véritable expert en langue locale (mais ses parutions écrites avec l’alphabet français ont été bien vites dépassés lorsque dès 1972, à son grand dam, nous avons lancé l’alphabétisation des jeunes adultes selon les principes de la linguistique internationale). Ceux qui parlent « du bon vieux temps » sont les encadreurs ou moniteurs revenus au village pour leur retraite. Ils sont tous chrétiens et sont souvent les sages de la communauté non seulement chrétienne mais tout bonnement villageoise. Leur expérience de l’extérieur est incontournable.

Pour cette première étape, la grande paroisse de Wenu-Kpakeru c’est Père Roger Barthélémy sma. Il a quitté sa paroisse de Wenu à l’âge de 68 ans et décèdera en notre maison de Montferrier le 29 décembre 1985 âgé de 73 ans. Merci Père pour tout ce bel apostolat sur laterre des Kenu.

Père Michel Bonemaison sma

Prêtre à Wenu de 1980 à 1983

Les tracasseries du régime marxiste avaient fatigué mon confrère et il dut rentrer se reposer en France. Il ne reviendra pas. Je suis donc son successeur mais je ne resterai que trois années Mgr Assogba me demandant de regagner Bagu-Gogunu. Dès mon arrivée à Wenu j’ai été très bien accueilli par la famille de Père Jacques dont quelques membres me connaissaient déjà.

Les biens matériels

La « case ronde » est devenue ma résidence ! Tout paraissait à l’abandon, mon confrère vivait dans des conditions plus que spartiates, je m’en contenterai. Par contre il était en train de construire une grande église. L’originalité est qu’il agrandissait le premier bâtiment d fait de terre de barre en construction autour et en béton. Les fondations, les sous-bassement, les piliers tout était bien en place et attendaient des subsides … J’en parlais à notre évêque et au vu de sa réticence je lui proposais de poser une charpente et de couvrir rapidement.

Puisque « cela ne se fait pas » je suis contraint de chercher une autre solution et à mes frais. Dimanche à l’occasion de la première rencontre je parle à l’assemblée chrétienne en regardant le ciel, panorama que nous offrent les grands trous de la toiture de paille. Les anciens décident et, vite fait bien fait, toute la jeunesse enlève le mobilier, défait les vestiges de couverture et nettoie. Tout est propre quand je me décide à partir commander les tôles à Parakou. Lundi soir un camion déposera les bacs en aluminium de huit mètres qui reposeront sur la charpente existante. Tout est en ordre pour la prière dominicale. Je suis émerveillé et le serai durant tout mon séjour.

L’Eglise bien couverte pouvait attendre encore plusieurs années. Je n’’aurai pas de souci de côté-là, mais des travaux il faut en envisager. Les petits villages les plus proches Wereku et Buyeru vont bientôt manifester le désir d’avoir un lieu de rassemblement pour le culte et pour la catéchèse et on accepte un bout de terrain qui nous est offert. Comment trouver du gravier pour les fondations ? Je profiterai de mes visites à N’Dali pour pousser jusqu’à Bembérékè-Gando et ramener le gravier chargé dans ma « 404 bâchée ». Mais le projet n’ira pas plus loin car l’évêque voit plus grand que nos humbles plans.

Pour en revenir à Wenu la succession était exigeante dans le domaine matériel. Un verger de manguiers demandait de l’entretien et de la main d’œuvre pour le ramassage des fruits étalés sur près de huit mois au vu de la variété des espèces de mangues. Encore le dimanche, même en mon absence les jeunes grimpaient dans les arbres et la récolte était moitié-moitié ; le jeudi suivant les écoliers venaient préparer les confitures qui allaient agrémenter nos rencontres de jeunes JEC ou les retraites pour la catéchèse. Là encore, fifty-fifty et les filles étaient tellement fières d’en faire gouter à la maison.

Tandis que je maniais ma faux de cantonnier pour ramasserle foin des prairies, les jeunes gens arrivaient spontanément avec leurs petites serpes locales et m’avançaient le travail jusqu’à remiser eux-mêmes tout le fourrage prévu pour les moutons. Je projetais de mettre cette solidarité à profit pour réfléchir avec eux la prise en charge de la vie de la paroisse, mais malheureusement mon départ inopiné ne me l’a pas permis.

La jeunesse scolarisée

Au moment où le chef de district (terme employé pour dire sous-préfet pendant la période de la révolution marxiste) me signifiait vertement que j’étais à résidence et ne devait pas parcourir la campagne sans sas permission express, le directeur du collège d’Etat de N’Dali, Monsieur Valentin me sollicitait pour enseigner le français en sixième. Avec l’accord de l’évêque j’ai pu comme cela rencontrer tous les jeunes de la paroisse qui étaient en secondaire et mieux en tant que « doyen » tous les directeurs d’écoles primaires souhaitaient ma visite régulière pour encourager les enfants à bien préparer leur avenir. Je me suis fais là de nombreux et solides amis parmi le corps enseignant et je retrouvais toute latitude, toute liberté pour circuler : le religieux était serviable, le blanc était utile ! « Vive la Révolution ».

Un des bénéfices de cet engagement pour la pastorale c’est que les jeunes de Wenu qui fréquentaient la communauté chrétienne sont devenus apôtres et j’ai dû louer une maison à N’Dali pour rester à leur écoute et prolonger les veilles. Finalement une fois par mois nous allions profiter de la proximité du monastère des cisterciennes, ND de l’Etoile. Nous y arrivions à quinze ou vingt en 404 dès l’heure de Laudes et de la Messe passer le samedi. Une religieuse africaine prenait tout ce petit monde en charge pour partager leurs questions et réponse sur la foi chrétienne. Et repartions très tôt le dimanche pour assurer tous ensemble l’une ou l’autre messe dominicale sur la paroisse. Que de bons souvenirs !

Cette dynamique m’a permis plusieurs fois d’accueillir dans les locaux de l’internat le Père Charles Toulouse et ses jeunes de la JEC ou encore de prévoir des retraites pour les catéchumènes. Chaque fois pour tous, la découverte des confitures de mangue était un délice; et « mes » jeunes n’étaient pas peu fiers. Avec eux d’ailleurs s’est aussi mis en place une rencontre une série de rencontres à Nikki, toujours une pleine 404, avec les jeunes de la paroisse dont Père René Lemasson sma était alors curé successeur de Père Bioret. Lorsque en 1998 je partais par l’aéroport de Cotonou un officier de douane m’interpellait : tu es bien Bonemaison de Wenu, c’est merveilleux ce que nous avons pu vivre entre jeunes au-delà de nos différences de religion, musulmans et chrétien !

Formation des catéchistes

Ce que disait cet homme était vrai mais comment encadrer correctement des jeunes quand on est seul consacré dans une paroisse ? J’avais commencé par solliciter l’accueil au monastère et les jeunes redonnaient immédiatement en service pendant les rencontres dont j’ai parlé précédemment puis au collège. La formation de permanents était aussi importante et là c’est avec le diocèse que nous pouvions compter sur formation solide au service des catéchistes. Chaque année une session diocésaine se tenait au centre de formation à Gogunu fondé et dirigé par Père Joseph Neyme sma avec l’appui de Monsieur Joseph Kikpa Bàatonu. Je donnais alors régulièrement ma prestation directement en langue baatonum pour une initiation aux Saintes Ecritures.

Mais qui pouvait être catéchiste bénévole à Wenu ? Essentiellement les anciens de l’internat de Père Barthélémy revenus au village, dont mon cher Nicolas pour qui j’ai célébré l’office de quarantaine à Buyeru en 2014 dès mon retour dans le secteur. Et puis quelques autres recrutés au gré des évènements dont celui que je narre maintenant.

Visite de Jean-Paul II au Bénin en 1982.

La nuit tombée Monseigneur Assogba arrive à la mission pressé : « Père le Pape ne pouvant pas aller au Niger comme prévu reporte son voyage au profit du Bénin. Il est à Cotonou après-demain. Je fais le tour de mon diocèse pour inviter toutes les paroisses à envoyer une délégation à cette rencontre. Je compte sur vous ».

L’évêque parti je prends la route et visite tous les villages de l’ouest où j’avais une connaissance : Buyeru, Wereke, Bori, Mare-Guru, Temmè,Kori. Au dernier village j’embarque un délégué de la communauté tout comme à Temmè, avec chacun sa bicyclette pour le retour, sa charge d’igname, sa natte, 1000fr de cotisation communautaire et le vêtement traditionnel le Tako. A Wenu je suis attendu par tous les autres délégués, plusieurs de ces jeunes me sont inconnus mais ils ont sont fins prêts. Il ne reste qu’à prévenir Wenu que j’avais oublié, la sœur ainée de Jacques et un neveu Pierre apprenti catéchiste. Je prends ma douche enfile un café et nous voilà sur la route. Je ne raconte pas ni le voyage ni la rencontre avec le Saint Père mais un fait de vie au retour la perle.

Revenant dans l’un des villages pour la visite bimensuelle je vais voir ma seule et unique connaissance. Il se trouve qu’il est le responsable de la prière musulmane, ce que j’ignorais encore et qu’il a envoyé son propre neveu à la rencontre du « Papa des chrétiens ». « Ce que mon enfant m’a rapporté de votre pèlerinage est un signe de Dieu. Moi je dois rester fidèle à mon engagement et je continuerais de prier Allah comme le font les musulmans et à guider la communauté. Par contre tu peux compter sur moi, mon petit sera témoin de votre Jésus dans ce village. » Je parlais de perle, le voyage et ses soucis me font penser à tout ce que la maman de la parabole a balayé et remué pour retrouver la perle qu’elle avait perdu.

Dans le même ordre d’idées j’aimerai signaler la visite pastorale de notre évêque, fait unique dans ma vie missionnaire. Pendant une semaine, nous avons visité tous les villages. Monseigneur Nestor comprenait bien ce que disaient les gens et Africain il saisissait très vite leurs pensée même au-delà de ma propre compréhension. Nicolas se contentait de le traduire et très bien d’ailleurs. Nous avons entendu beaucoup de belles choses y compris des témoignages qui remontaient aux premières visites du premier missionnaire de Jésus-Christ vers 1946. Mais ce qui revenait dans chaque communauté comme un refrain : « depuis que nous connaissons Jésus nous apprenons à vivre l’Amour de manière nouvelle » ! Merci Père Nestor pour cette découverte qui vous a été livrée.

L’attention aux malades et aux rejetés

Cet amour dont Jésus est la source le Père Barthélémy en a été le premier témoin sur cette terre de Wenu. De mon coté j’ai essayé d’y être le plus fidèle possible en étant moi aussi attentif aux malades tout comme le sont les prêtres et les sœurs dans les territoires de mission. Voici quelques faits marquants pouvant dire comment les gens se sont sentis interpellés et sont devenus solidaires de ces petits signes qui disaient la miséricorde de Dieu pour tous sans distinction.

L’infirmier d’Etat, Albert, était un homme remarquable, compétent, consciencieux et dévoué. Pour dépasser la barrière de la langue il me faisait souvent appel et je le lui rendais bien en conscientisant les gens des villages qui finalement acceptaient de venir le consulter. Un jour nous avons mené une campagne de grande envergure pour lutter contre les dégâts dus à la poliomyélite. En fin de compte c’est une bonne dizaine de jeunes et d’enfants que Frère Florent à opéré à l’hôpital de Tanguiéta. Je faisais les aller-retour avec la 404 emportant ou ramenant les malades, leur famille et de la nourriture pour un ou deux mois. Au retour avec l’infirmier nous assurions le suivi pour la rééducation et la réussite était satisfaisante. Ces enfants pouvaient se tenir debout, marcher et ne plus être condamner à vivre comme des reptiles.

Une fois c’est l’épidémie de coqueluche qui fait ses ravages. A Témmè trente-quatre enfants en furent victimes et une maman qui allaitait son nourrisson. Joseph l’infirmier avait les bras. Nous avons eu recours au guérisseur local et avec toute l’hygiène possible Joseph a tenté d’enrayer l’épidémie avec les moyens du bord. Pendant ce temps, tout en passant la consigne aux postes médicaux qui étaient sur ma route, je me rendais à Parakou aux grandes endémies. Et pourvu de vaccins pour toute la région je revenais les confier à qui de droit pour la prophylaxie. Mais, il y a un mais, le petit village de Buyeru était touché ! Sur le conseil d’Albert j’ai effectué l’évacuation de douze enfants contaminés, ainsi que de leurs frères et sœurs avec les mamans, laissant aux papa la consigne d’assurer l’approvisionnement. Et logés à la mission nous avons délimité un périmètre sanitaire qui leur a sauvé la vie à tous ; Dans le village il y a bien eu des grincheux puisque il m’a été reproché « tu as apporté la mort chez nous ». Mais beaucoup apportaient l’eau et la nourriture pour participer à l’entraide. Cette solidarité n’est-elle pas l’amour dont notre ami  parlera un jour à notre évêque ? Et elle a porté de tels fruits sur l’ensemble du territoire que le visage de la mission a changé et que missionnaires nous pouvons nous donner autrement au service de l’être humain et avons plus de temps pour vivre le culte et de belles célébrations avec les gens.

Justement j’aimerais terminer ce séjour par la narration de l’un de ces signes qui réchauffent le cœur. Saria, la sœur ainée de Père Jacques était une femme de poigne, et de bon conseil. Elle avait la charge de la vieille maman, Yobu, immobilisé par les infirmités de la vieillesse. J’allais m’asseoir régulièrement à ses pieds sur sa natte et nous devisions ou restions silencieux. J’ai beaucoup appris de cette grand-mère qui un jour me demanda : mais pourquoi perds-tu ton temps à visiter une vieille femme ? – Ton fils est prêtre, il est loin et je voudrais t’apporter un peu de son affection, tout comme j’aimerais qu’un prêtre en apporte aussi à a vieille maman au nom de Jésus. C’était un samedi. Le lendemain Saria m’appelle : regarde un miracle. Yobu cassée en deux sur son bâton traversait la rue pour venir à la Messe qu’elle n’a plus jamais jusqu’à son départ vers le Père.

En quittant Wenu je garde amoureusement en mémoire et dans mon cœur le nom qui m’a été donné Kenu-n-Bii (l’enfant des Kénu).

Père Jean Durif sma

Curé de 1983 à 1998

Le Père Jean DURIF

né le 6 mai 1922 à Lyon (Rhône) dans l’archidiocèse de Lyon, France membre de la SMA le 30 juillet 1942 prêtre le 17 novembre 1946

1947 - 1952    Professeur à Chamalières

1952 - 1959    Professeur à Ouidah (Cotonou), Bénin

1959 - 1964    Professeur à Pont-Rousseau

1964 - 1965    Vicaire à Abomey, Bénin

1965 - 1966    Curé de Savalou (Dassa-Zoumé), Bénin

1966 - 1968    Curé d'Abomey, Bénin

1968 - 1969    Année sabbatique à Lyon

1969 - 1972    Vicaire à Parakou, Bénin

1972 - 1983    Curé des villages de Parakou, Bénin

1983 - 1998    Curé de Ouénou (Parakou), Bénin

1998 - 2000    Procure de Lyon

Décédé à Lyon, France, le 12.09. 2000 à 78 ans

Jean Durif est né à Lyon le 6 mai 1922. Après ses études primaires à l'école libre de la paroisse Saint-Louis de la Guillotière, il poursuit ses études secondaires à Chamalières (1933-1937), puis à Pont-Rousseau (1937-1940). Il fait le noviciat, de 1940 à 1942, au Rozay, près de Lyon, et devient membre des Missions Africaines le 30 juillet 1942. Il effectue ensuite ses études de théologie au grand séminaire des Missions Africaines, à Lyon, de 1942 à 1947, avec une interruption d'avril à octobre 1945 pour son service militaire. Il est ordonné diacre le 7 juillet 1946, prêtre le 17 novembre 1946.

Sa première nomination l'envoie comme professeur à Chamalières : il y sert de 1947 à 1952. A cette date, le Conseil provincial met le père Durif à la disposition de monseigneur Parisot, vicaire apostolique de Ouidah, au Dahomey. Monseigneur Parisot l'affecte comme professeur au petit séminaire de Ouidah.

En 1959, il est maintenu en France comme directeur spirituel au petit séminaire de Pont-Rousseau. Il ne manque pas de redire au Conseil provincial son désir de repartir en Afrique : Retourner à l'archidiocèse de Cotonou au Dahomey, telle est la demande que je vous fais, respectueusement, clairement, sans détours. C'est le rappel d'un désir qu'il est normal, pour un missionnaire, de formuler annuellement, m'a-t-on dit : aussi, je ne veux pas y manquer (21 mai 1962).

Le 23 mai 1964, le Conseil provincial lui écrit : Vos vœux sont exaucés. Il revient au Dahomey. Il va être vicaire à Abomey (1964-1965), puis curé de Savalou (1965-1966), puis curé de la cathédrale d'Abomey (1966-1968). En 1968, il demande de faire une année sabbatique à Lyon.

En 1969, il repart au Dahomey mais, cette fois-ci, pour le diocèse de Parakou. Là, monseigneur van den Bronk pense vous utiliser pour Parakou ville, où vous seriez chargé des Fon qui constituent l'essentiel de la chrétienté actuelle de la ville et même du diocèse, lui précise le père Bellut, alors régional du Dahomey. Il va découvrir que la mission est à réaliser auprès des habitants du Borgou, les Bariba. Le 25 janvier 1971, il donne de ses nouvelles : (La langue) bariba rentre. J'assure la responsabilité de tous les catéchuménats de la ville, adultes, et en toute langue. Le projet est vaste, la réalité plus modeste, mais l’intérêt ne manque pas.

En 1972, il est déchargé de la ville de Parakou. On lui confie l’évangélisation des villages qui entourent la ville. Ce seront, pour lui, les plus belles années de sa vie. Au volant de sa 2 CV, il parcourt les villages, s’intéresse à la vie des gens, se fait proche des plus petits. Il a le souci de construire des communautés qui se prennent en charge.

Il profite de son congé de 1981 pour faire un bref recyclage : la quinzaine spirituelle de Mortain, qui est organisée conjointement par plusieurs congrégations missionnaires. Il en est fort satisfait : Je la recommanderai à tout missionnaire désireux de boire à la source de la Mission. Il faut en remercier Dieu et les responsables des Instituts missionnaires. Et il annonce : Je m'apprête à rentrer au Bénin par le Sahara pour faire des économies. Tentative réussie, dont il rend compte : Cette traversée fut une expérience sportive tout à fait nouvelle et une vie fraternelle passionnante.

En 1983, son évêque l'envoie comme curé à Ouénou. Il  restera 15 ans dans cette paroisse à sa mesure. Il y vivra très simplement et formera des chrétiens sachant prendre leurs responsabilités. Il participera activement à la commission diocésaine Justice et paix pour faire respecter les droits des plus petits. Le 12 juin 1986, il écrit : La paroisse de Ouénou se prépare à accueillir une communauté de religieuses de la Providence de Gap. Tout va bien.

En janvier 1990, il se découvre une tumeur sur le sommet du crâne. Les médecins de l'hôpital Saint-Jean de Dieu de Parakou lui prescrivent une évacuation sanitaire sur la France. Avec humour, il raconte la suite : J'ai été opéré à Grange Blanche. On m'a enlevé généreusement une tumeur cancéreuse vraisemblablement bénigne, due au soleil (?) Puis on a cousu avec beaucoup d'application le haut de ma personne comme l'ouverture d'un sac de café vert pour ne citer qu'un passage de la conversation constante menée par le chirurgien avec son patient et les infirmières, le temps de l'opération (35 minutes) en anesthésie locale. Dès mai 1990, bien guéri, il retourne à Ouénou.

En 1998, le Conseil provincial le nomme à la procure de Lyon et explique : Le service demandé consiste à répondre aux bienfaiteurs qui envoient régulièrement leurs dons pour la SMA et pour la Mission. La correspondance avec eux est une manière de leur dire notre merci.

Il meurt brusquement à Lyon, le 12 septembre 2000, alors qu’il était en consultation chez le médecin pour des problèmes cardiaques. Le père Ramòn Carballada, qui connaissait Jean pour avoir passé près de vingt ans en même temps que lui dans le même secteur missionnaire, dira : J'aimais chez lui le sourire et l'enthousiasme. Il avait aussi une autre qualité : il savait faire siennes les joies des autres. Une seule passion le motivait : évangéliser les Bariba. Ses thèmes de conversation étaient toujours l'évangile qu'on annonce. Les routes de Ouénou vont longtemps se souvenir d'un homme qui les parcourait en 2 CV. Il avait le don de planer en pensant à autre chose : à une célébration, à une idée nouvelle pour sa catéchèse ou à l'un de ses catéchistes, à moins qu'il ne chantonne un refrain pour se régaler de sa trouvaille.

            Je pense le tableau brossé ici par les chroniqueurs de la sma est bien l’image de mon successeur immédiat à Wenu et à qui j’ai aussi succédé en fondant la paroisse de Bori en 2014. Il a sillonné les routes et a permis à des communautés de naitre. La preuve en sont les assemblées dominicales lancées sous son patronat et structurées solidement.

Ce qu’il faut ajouter c’est qu’une autre des passions de Jean était l’œcuménisme, c’est-à-dire le dialogue avec les autres confessions chrétiennes, et le dialogue interreligieux qui lui est l’écoute des autres religions. Et au Borgou, à Wenu tout particulièrement la religion traditionnelle d’une part et l’Islam d’autre part ont fait partie de son attention. Il savait partager ses convictions et être en tous cas un messager de Paix. Merci Jean.

 

 

E. Communauté des Franciscaines Filles de Padre Pio

 

Erection : 2000

 

NOTRE HISTOIRE

 

Notre histoire a commencé au Bénin, pays où Padre Pio s’est particulièrement manifesté et où on lui montre une grande vénération.

Les premières vocations des Filles de Padre Pio sont nées en mai 1985. C’est d’abord une jeune fille protestante en 2ème année de Droit à l’université ; quarante-huit heures après, une autre jeune fille qui travaillait depuis neuf (09) ans au Ministère des Affaires étrangères comme traductrice.

Le projet bien mûri par le Fondateur, le Père Gilbert DAGNON (Vicaire Général) a été accueilli avec enthousiasme par Mgr Christophe ADIMOU, alors Archevêque titulaire de Cotonou et son co-adjuteur Monseigneur Isidore de SOUZA tous deux vénérée mémoire.

En Août 1985, ces deux (02) aspirantes furent envoyées à San Giovanni Rotondo à Monseigneur RUOTOLO, pour une formation para-médicale à l’Ecole des Infirmières de « LA CASA SOLLIEVO DELLA SOFFERENZA ». Elles rentreraient d’Italie en août 199 comme Infirmières et Sages-femmes.

Entre-temps, une douzaine d’autres jeunes filles se sont senties appeler. Le 14 août 1992 s’ouvrait le Postulat dans le village de So-Ava.

Les premières professions eurent lieu le 31 mai 1995. Ainsi débuta l’aventure des filles de Padre Pio qui, aujourd’hui, comptent cent deux (102) Religieuses, vingt-quatre (24) communautés réparties dans plusieurs diocèses du BENIN et une (01) à Libreville au GABON.

La congrégation des filles de Padre Pio est une congrégation semi-contemplative composant trois (03) branches : la branche semi-active, la branche contemplative où l’adoration perpétuelle du Très Saint Sacrement est de règle et la branche laïque dite des Zélateurs et Zélatrices.

 

LE CHARISME

Le charisme des Filles de Padre Pio est, à l’instar de Padre Pio, la compassion pour toute misère humaine, matérielle, spirituelle, sociale. Compatir, c’est-à-dire se laisser toucher par la souffrance de l’autre et s’investir de toute manière pour l’aider à s’en sortir.

C’est pourquoi elles peuvent travailler dans les hôpitaux, dans les dispensaires, auprès des malades à domicile, des vieillards abandonnés, dans les orphelinats, dans les foyers rassemblant des Filles en difficulté, dans la catéchèse, dans l’enseignement auprès des pauvres, etc.

Les Filles de Padre Pio doivent se caractériser par leur sens de l’accueil joyeux, de sorte que ceux qui les approchent doivent se sentir en fraternité confiante.

 

LA SPIRITUALITE

La spiritualité des Filles de Padre Pio a pour fondement la Personne du Fils de Dieu incarné, constituant notre victime et vivant parmi nous. Elle s’articule ainsi autour des trois (03) mystères de l’Incarnation, de la Rédemption et de la présence de Dieu parmi nous.

Le Christ doit être le Tout de leur vie, une Personne réelle avec qui, par qui et pour qui elles s’efforcent de vivre vraiment. Le Verbe incarné les unit au Père ; la Passion inaugure en elles le combat spirituel qui, passant par l’acceptation volontaire de tout sacrifice et épreuve, à travers une victimation consentie, les conduit à la plénitude de l’amour dont le Christ est le modèle efficient et efficace.

La recherche de la sainteté ne doit pas se construire sur l’extraordinaire, mais sur le vécu quotidien réalisé avec beaucoup d’amour.

La présence du Christ devient alors une réalité de tout instant :

  • Christ dans les autres en particulier les souffrants ;
  • Christ dans les événements qui constituent toujours de Dieu à décrypter et à mettre en pratique ;
  • Christ dans les Ecritures que la Lectio Divina quotidienne doit aider à saisir ;
  • Christ dans la nature qui surgit comme un grand livre ouvert pour nous parler de Dieu, dans la contemplation ;
  • Christ dans l’Eucharistie qu’elles doivent rencontrer chaque jour à travers la Messe et deux (02) heures d’oraison, sans oublier la consigne du Seigneur : « Prier, priez sans cesse et ne cesser jamis de prier ».

De là, leur Devise :

« La sainteté par le quotidien, la fraternité universelle, la paix et la joie du sacrifice.

(Présentation du prospectus : La sainteté par le quotidien…)

 

DANS LE DIOCESE

Depuis l’érection du diocèse en 2000, la communauté est dans le diocèse. Au début à Ouenou, puis après à N’Dali et au centre Gususunon kenru. Maintenant seulement à Ouenou et au centre Gusunon Kenru. Elles s’occupent de l’orphelinat Sainte Marie de Ouenou.

 

Sœur Simone Mahoussi  HOUEDJOFONON

Diocèse d’origine

Abomey

Titre

Gardienne

Sœur Florence DIALGA

Diocèse d’origine

Tinkodogo (Burkina-Faso)

Titre

 

 

 

 IMG 20181031 WA0022                                                                                                   La grotte mariale de la paroisse