Vierge

diocese ndali

Eveque2b

 

Le Week-end du 07 au 08 Décembre dernier, la paroisse de Nikki célébrait ses 70 ans aussi. Les Pères SMA, les deux communautés religieuses et les fidèles de la paroisse, la main dans la main, ont  organisé une très belle fête. Et si on connaissait plus amplement cette paroisse au centre de la civilisation batonnun.

  1. Généralité

 

Erection : Août 1948

B.P. : 14 Nikki

Samedi et Messes dominicales : 08H00

Messes en semaines : 06H30

Communautés de villages (31) : 1. Boukanere 2. Sakabansi 3. Dokounda 4. Nyisanda 5. Fombawi 6. Gona 7. Tchikandou 8. Angakirou 9. Tasso 10. Gbagbire 11. Tchin-Tasso 12. Tanakpe 13. Deema 14. Kara 15. Takou 16. Tontorou 17. Ouenou 18. Kpariserou 19. Kali 20. Kasakpere 21. Soumarou 22. Semarou 23. Gbanossi 24. Gusunonkperou 25. Kali 26. Gore 27. Mono 28. Sinangourou 29. Sinangourou II (Nouveau) 30. Goure-Tipe 31. Yadjabadji/ Nyere.

 

  1. Equipe sacerdotale

(Société des Missions Africaines –SMA-)

 

               Père OBIORA Henry

Diocèse d’origine

Lagos (Nigéria)

Titre

Curé

Père MAITOVOS Jean Junior

Diocèse d’origine

 

Titre

Vicaire

AbbéFrancis KUNDA

Diocèse d’origine

 

Titre

Stagiaire

 

 

  1. Structures

 

  • Internat des garçons du centre Père Bioret de NIKKI

B.P. : 14 Nikki

Sous la responsabilité de l’équipe sacerdotale

Responsable : Père OBIORA Henry           

 

 

  1. A l’origine

 

Du Récit du Père Fernand BIORET à l’occasion des 50 ans de la Paroisse

 

 C'est en 1948 que Mgr Faroud décida d'ouvrir en même temps trois nouvelles Missions: Ouenou Kpakérou (à 12 km à l'Ouest de N'Dali) avec le Père  Roger BARTHÉLEMY, venu de Parakou, Bembêrêkê avec le Père Louis VIAUD, venu de Niamey ; et enfin Nikki, avec le Père Paul BAUDU, venu de Zinder au Niger.

Le Père Baudu eut comme premier vicaire le Père Jean PRIGENT, qui est décédé à Parakou en 1975, à l'âge de 50 ans. Il fut remplacé par le père LEMOINE, qui ira ensuite à Banikora, avant de rentrer en France. C'est en 1960 (quelques mois avant l'indépendance du Dahomey) que le Père BAUDU quitta Nikki, pour aller ensuite à Tchaourou auprès du vieux Père Antonin GAUTIER. Puis à PARAKOU, en remplacement du P. Yves LAGOUTTE, qui rejoignit Tchaourou. Rentré fatigué, il finit sa vie à la procure de Paris en 1983, à l'âge de 68 ans. Il resta à Nikki de 1948 à 1960: soit 12 années.

Il fut remplacé en 1960 par le père Fernand BIORET, revenu de congé après un an de séjour à Djougou, en remplacement du Père Patient REDOIS, futur évêque de Natitingou.

L'ancienne Église en banco, couverte en paille, fut inaugurée en 1951 par Mgr FAROUD, et le père BIORET l'accompagnait depuis Parakou, son premier poste. Les termites et les intempéries en eurent peu à peu raison, sans parler des chauves-souris qui parfumaient le plafond de la sacristie et perçaient les tôles dont il était fait.

C'est le commandant de subdivision (un français) qui paya la belle cloche invitant toujours à la prière, dans le clocher en dur élevé par le père BAUDU, au sommet duquel trône maintenant la patronne de la  paroisse.

Il y avait trois écoles officielles dans la Paroisse de 30 à 50 km de Nikki.  Il était logique d’en ouvrir une au centre, ce que fut fait en 1962 dans un apatam en paille.  En temps de pluies, c'était le sauve qui peut. Des serpents venaient parfois assister à la classe. Cette école de garçon compléta l'école des filles des sœurs de la retraite chrétienne des Fontenelle dans les Doubs, arrivés à Nikki quelques années plutôt. Elles devraient être remplacées plus tard par les sœurs de Saint Augustin, congrégation africaine toujours à Nikki.

Cette nouvelle et modeste école ne fut fréquentée que par des élèves animistes et musulmans avec quelques rares protestants. Les enfants des catholiques étaient tous inscrits à l'école publique. Plus sérieuses sans doute et plus présentables pour les évolués du Sud. Ils restaient l'école officielle de Gbessassi au Nord de KALALE à reconstruire. Elle fut bâtir en dur avec beaucoup de difficultés vue la distance et l'état de certains ponts à la saison des pluies.

Le Père BIORET s'occupa pendant un an de 1961-à 1962 de l'école de Biro. Il construisit une case ronde de 10 mètres de diamètre pour loger les maîtres. Cette case ronde eut le toit incendié par le feu de brousse et il fallut le refaire entièrement.

À Serakake, une case de trois pièces fut construite pour le catéchiste ainsi que des fondations en dur pour une future chapelle aujourd'hui réalisée. D'autres catéchistes s'installèrent à Guinagourou, à Daroukparou, à Ouenou Nikki (Où se trouve le tombeau du premier roi bariba). Un catéchiste gando resta quelques temps à Gbassi à l'Ouest de Kalale. Il y avait la messe de temps à temps à kalale, N'DALI et Pèrèrè. Quelques fois à Dunkassa. La paroisse de Nikki desservait N'Dali, Pèrèrè, kalale et Nikki plus les écoles grandes et petites. Elle s'étendait de Guinagourou à l'Okpara jusqu'à Neganzi au Nord de KALALE Gbessassi et de N'Dali à la frontière du Nigéria (Chikanda): soit environ 200 km sur 80. Pour un seul père, c'était bien vaste malgré la 3CV fourgonnette bonne à tout à faire. Grâce à Dieu, quatre  nouvelles Missions desservent aujourd'hui cette immense paroisse de Nikki: Pèrèrè (la doyenne de retour ), N'Dali, Kalale et Guinagourou.

Les baptisés baribas, gandos et bokos ont peu persévéré. On a célébré quelques mariages chrétiens et baptisés quelques enfants de ces nouveaux conjoints. Beaucoup sont devenus musulmans surtout au moment du mariage. Quelques expatriés ont échappé à la pression islamique, mais ils sont restés longtemps minoritaires.

Grâce aux étudiants du Borgou de retour au pays, la mentalité des gens s'est modifiée depuis quelques années. La méfiance qui régnait envers l'instruction, l'étranger, a fait place à une plus grande ouverture et à une liberté de pensée que les anciens ignoraient, bloqués qu'ils étaient par la peur et la pression musulmane. Le Christianisme n'est plus seulement la religion des blancs et des gens du Sud, mais les bariba comprennent mieux maintenant que le Chemin indiqué par Jésus peut être aussi le leur, de même que la vérité de sa Parole et la vie d'amour qu'il leur offre.

En rentrant au Sud en 1902, les pères de Pèrèrè, emmenaient avec eux quelques uns de leurs élèves bariba. L'un d'eux était le chef de canton de Biro, Jean SINATOKO. On l'appelait "Seré n'Sunon". Le Père BIORET et l'abbé Jacques TANE, (premier prêtre bariba installé quelques temps à Pèrèrè) accompagnaient le chef a son décès à Biro. Le premier éleve bariba de la mission de Pèrèrè rencontrait le premier prêtre bariba, né Ouenou Kpakérou.

Mgr FAROUD démissionna en 1956 et fut remplacé par Mgr CHOPARD, comme on l'a dit plus haut en 1957. Ce dernier, devenu ensuite curé de la paroisse Saint François Xavier à Porto-Novo, fut remplacer par Mgr André VAN DEN BRONK, hollandais venu du Ghana où il fut évêque de KOUMASSI, ainsi qu'au Caire en Égypte. Ce fut le premier évêque du Nord.

L'abbé Jacques TANE, premier prêtre bariba, ordonné prêtre à Rome, avec le futur évêque de Natitingou, L 'abbé Okioh, vint offrir ses services dans son pays natal, à Mgr VAN DEN BRONK. Il fit un intérim à Nikki, renouvelé à Bembêrêkê et à Banikora : c'était ses trois premiers postes. Il termina son ministère à Pèrèrè où il construisit une case de trois pièces et un apatam servant de chapelle. Il intervint sur les ondes avec des causeries et des chants en baribas. Il travaille en ce moment à Libreville au Gabon.

C'est Mgr ASSOGBA, archevêque émérite de Parakou, qui succéda à Mgr VAN DEN BRONK démissionnaire. Celui-ci se retira au monastère de l'étoile jusqu'à son retour en Hollande, où il mourut en 1997 à l'âge de 90 ans. Il s'occupait de tout le Nord Dahomey jusqu'à l'arrivée de Mgr Patient Redois, qui devint le premier évêque de Natitingou. C'est ce dernier qui assura l'intérim entre Mgr VAN DEN BRONK et Mgr Assogba. Et lui aussi qui nous obtint la première subvention pour la nouvelle église de Nikki : il permit de commencer la construction de cette église indispensable, inaugurée quelques 50 ans après la fondation. Pendant ce court intérim un fonctionnaire bon chrétien fut pris d'un zèle intempestif et offrit gracieusement à la mairie 100 tecks de la mission au nom du Père et bien sûr à son insu. C'était soi-disant pour remplacer des poteaux téléphoniques. Ces beaux troncs abattus pourris sur place pour la plupart.

Les élèves contribuèrent à la construction de leur nouvelle école en dur en ramassant le sable et en assurant la peinture des murs et des ouvertures.  En 1973, ce fut la nationalisation de l'enseignement privé, et l'école catholique devint "école de base " révolutionnaire.

Quoiqu'il en soit, les élèves non chrétiens de l'école catholique de Nikki, en majorité musulmans, furent emmènes spontanément par leurs parents à l'école du père qui ne les connaissait. Le sous-préfet lui-même, M. Congakou tairou, musulman de Djougou et instituteur public hors classe retira deux de ses propres enfants de l'école publique pour les inscrire à l'école catholique. Ils ont gardé, dans l'ensemble, un bon souvenir de leurs années passées avec le père, pourtant sévère et exigeant parfois, ainsi que leurs parents devenus sympathisants. Et cela grâce à l'école, si décriée par beaucoup de pères mais très appréciée par une population plutôt naturellement hostile à la mission.

La nouvelle église fut d'abord construite autour de l'ancienne, mais celle-ci devait rester debout en attendant que l'aile droite pu être terminée et servie de chapelle provisoire, pendant un bon moment. Ce sont des menuisiers de zangnanado envoyés gentiment par le père DEMEYERE qui montaient la charpente de cette salle extérieure à l'ancienne chapelle et des deux sacristies.

On enleva alors la toiture de paille et on abattit les vieux mûrs en banco termités. Les nouveaux mûrs, purent se lever, mais il était difficile d’avoir de bons ouvriers sur place. On finit tout de même avec de la patience, par montée les fermes et les pannes de la nef et du demi-transept, avec l'aide de tous.

Il faut signaler ici la contribution persévérante des chrétiens de Nikki à la construction de la nouvelle église. Pendant de longs mois, on vit afficher à l'Eglise, la liste mensuelle des dons et des donateurs. Deux anciens élèves de la mission, natifs du Nord, se sont joints à cette collecte.

La nouvelle église a voulu gardé le plan de l'ancienne choisi par le fondateur, le père BAUDU, qui put voir a Tchaourou le nouveau plan. On a gardé la forme ogivale de l’abside et on a agrandi le bâtiment en forme de croix avec l'ancien autel au centre, à la croisée du transept. La double toiture assure une aération appréciable au temps de grande chaleur. Le revêtement extérieur au "super soleil" s'est révélé très efficace.

Le Père BIORET partit définitivement en France en 1982, il n'eût pas le plaisir de voir la nef centrale couverte en tôle. Il ne put terminer la seule Église qu'il avait commencé à réaliser après de nombreux plans dessinés pour dépanner des confrères plus fortunés mais peut-être moins imaginatifs. Il terminait à Nikki 22 ans de peine et de joie, au milieu des baribas dont il avait adopté la langue et partagée l'amitié.

C'est le père René LEMASSON qui devint curé de Nikki en fin 1982. Un père espagnol, Vicente RICO, prêtre associé sma, était son compagnon. Il acheva la couverture de l'église et posa les ouvertures de labside où il plaça un petit autel à la pointe. Il mit des nouveaux bancs dans la nef. Il entra en France après 2 ans et demi de présence. Et c'est le père Jésus Fernandez de Trociniz, actuellement curé de Bouka, qui vint le remplacer.

C'est avec un grand soulagement qu'on a vu revenir le grand bâtiment scolaire nationalisé de 8 mètres de largeur intérieur, avec 3 pièces de 10 m de longueur intérieure, plus une autre de 4 m sur 8. Ce nouveau centre, élevé avec tant de soin et de peines, nous lui souhaitons un grand succès apostolique et social. Son auteur, aimablement inscrit au fronton vous accompagne par la pensée et il vous demande de ne pas l'oublier dans votre prière.

 

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 Le Père Heny, Mgr Martin et le V.G P. BOCO  La procession d'entrée à la messe du jubilé
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 Photo de famille à la fin de la messe  Photo des enfants lors de la vente à l'américaine